Posted by Philippe on April 24, 2016

Voici un article sur le silure et sa prolifération en Sèvre.
L'article a été publié dans le journal La Nouvelle République.
http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Actualite/Environnement/n...

«Le monde de la pêche s'interroge devant la prolifération du silure, il est de plus en plus présent dans tout le bassin de la Sèvre, de Niort à Marans. L'ensemble des responsables de la pêche sont embarrassés à ce sujet : d'où vient et qui a mis cette espèce dont la fécondité inquiétante menace nos rivières. Au vu des captures, il fait aujourd'hui la démonstration de sa présence sur tous les biefs en aval de la Sotterie. Ce poisson est en train de réussir l'exploit de créer une franche division entre les adeptes de la pêche : les anti-silures et les pro-silures (à peine 5 %). Comme le révèle Mme Rouet, directrice de la fédération de pêche des Deux-Sèvres, « le silure possède la faculté de s'accaparer un territoire, au détriment des autres, il s'agit d'un poisson puissant, un carnivore opportuniste capable d'ingurgiter toutes sortes de proies de proximité ». Son régime alimentaire est surprenant : récemment, en Vendée, après l'ouverture de l'estomac d'un spécimen capturé, 3 jeunes ragondins ont été découverts.
Sophie Der Mikaélian, technicienne au Parc, a un avis différent. « A l'instar d'autres espèces, la nature parfois reprend ses droits, on l'observe dans le cas de l'écrevisse, après un pic en 2008, une régulation s'est opérée. A contrario, le silure n'a pas de prédateur et ne subit que peu de prélèvements. A tel point que dans la zone estuarienne de Marans, des clubs de pêcheurs au gros se constituent, des sportifs de la pêche pratiquent le " no kill ", (remise à l'eau). » Pour Alain Dupeux, « ce poisson a un impact piscicole dérangeant, pour moi ce qui rend catastrophique la situation du silure en Sèvre est de voir que ce petit fleuve côtier est inadapté pour recevoir un tel poisson. Le drame est là, la nourriture est à portée de main, ce n'est pas le cas des rivières dimensionnées, notamment la Saône, le Rhône (3 ou 4 fois plus large) ». Le mot de la fin et de la sagesse est pour Cédric Dubois, le spécialiste silure à la fédération de pêche : « Ce poisson s'adapte à tout ce qu'il trouve, la nature est bien faite, en surdensité dans une espèce, les populations se régulent ou se dévorent entre elles. Le silure est le seul prédateur du poisson-chat ».»

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